A quand la fin du développement web?

Le 26 mai 2008

Je ne devrais pas écrire ce genre d’article car il va à l’encontre de mes compétences de développement de sites et de l’intérêt pécuniaire qu’elles rapportent. Mais bon je fais ce constat depuis quelques semaines et je tenais à faire un point sur les solutions de développement de sites gratuites.

Les solutions aujourd’hui pour développer un site

Il existe plusieurs façon de développer un site aujourd’hui :

  • faire appel à une agence web,
  • le fabriquer avec les moyens du bord en interne ou par l’intermédiaire de connaissances ou enfin par
  • un freelance.

La web agency

La web agency est la solution la plus couteuse mais d’un autre coté sa structure fait qu’elle concentre plusieurs compétences en interne. Les conseils peuvent s’avérer bénéfiques sur de gros projets surtout lorsqu’il s’agit de projets touchant plusieurs médias (web, téléphone portable, marketing, communication…). Mais je conseillerai de faire le tour du marché avant d’en choisir une…

Internaliser avec les moyens du bord

Une solution moins couteuse mais qui peut s’avérer périlleuse quand les personnes chargées de la réalisation du développement sont novices. Mais c’est un bon moyen de pérenniser l’activité web d’une société en investissant sur le personnel.

Les freelances

Une autre alternative : faire appel à une ressource extérieure qui peut travailler en interne (développer, former…). L’avantage de ce dernier choix est de pouvoir choisir une personne spécialisée sur des projets qui nécessitent un besoin précis.

Pourquoi le développement web se meurt ?

Je peux témoigner qu’aujourd’hui le travail dans ce secteur ne manque pas, mais l’émergence de solutions de création de site gratuit va, à terme, inonder la place. Quand on voit à quel point il est facile de créer et de personnaliser les Google Sites (Google Pages), que nous pouvons créer un site avec Weebly en quelques clics (exemple de site weebly). Les développeurs et les agences web n’ont qu’à bien se tenir. Je ne vais pas faire un listing complet tant les solutions gratuites sont nombreuses. On pourrait citer entre autres : Webjam, wix et en france Netvibes (au passage voici 10 conseils pour personnaliser sa page publique Netvibes), Jimdo et e-monsite.

Tous ces sites proposent de vous permettre de créer un site (avec des interfaces très conviviales), de l’héberger (avec une limite très acceptable de plusieurs centaines de Mo) et tout ça gratuitement. Certains propose des services annexes payants, par exemple pour enlever la publicité ou bien lier le site internet à une adresse de votre choix de type www.monsite.com.

Les limites du tout gratuit

Ces services sont naissants et ont pour la plupart moins de 2 ans. Cette solution est parfaite pour des sites personnels, d’associations, de PME… mais elle ne tardera pas à toucher une plus large palette de site professionnels (c’est surtout pour eux que les services payants servent et peuvent rassurer). Voici quelques problèmes liés à ces solutions :

  • l’adresse du site est souvent http://votrelogin.solution.com, ce qui peut être préjudiciable à l’image d’une société
  • Il s’agit d’un hébergement partagé avec tous les sites (mutualisé), ce qui nuit au référencement et l’internaute peut avoir quelques difficultés à afficher le site en période de pointe (montée en charge).
  • L’espace de stockage peut être problématique pour les sites à fort contenu (photographes…)
  • Les thèmes graphiques des sites sont prédéfinis et souvent très peu paramétrables

Conclusion

Les solutions gratuites remplissent parfaitement la fonction de création de site. Les interfaces d’administration (notamment Google Pages et Weebly) sont complètes et très ergonomiques. Le résultat est rapide et vous pouvez créer un site internet en quelques minutes, c’est affolant car le backoffice (l’outil d’administration) est de loin meilleur que la plupart des backoffices d’agence web. D’un autre coté certaines agences web sont tellement mauvaises techniquement délivrant des devis absurdes et du blabla de charlatan. Ces agences (chères ou bon marché) ont entaché ce secteur ces dernières années et je pense qu’une fois que tout le monde aura compris qu’il peut avoir quelque chose de meilleur pour beaucoup moins cher, il sera trop tard pour se rattraper. Ce qui me pousse à dire que le futur réside dans des solutions online facile d’accès. Et le fait qu’elles soient gratuites les rendra encore plus populaires.
Je reçois beaucoup de mail de personnes me demandant comment devenir développeur web. Cet article n’est pas pour les décourager, il y a plein d’agence web à taille humaine fournissant du super boulot et c’est sûr que les meilleurs seront encore là dans 10 ans.


Envie de discuter de cet article ? Envoyer un message sur Twitter ou envoyez-moi un e-mail. Si cet article vous a plu, n'hésitez pas à le partager sur Twitter ou Facebook.

15 Commentaires sur "A quand la fin du développement web?"

  • Oncle Tom
    26 mai 2008 (9:13)

    Je suis moyennement d’accord. Actuellement ces outils comblent des besoins simples mais n’offrent pas un haut degré de personnalisation. Le jour où ça sera le cas ces applis perdront leur côté abordable.

    En soi je trouve que c’est même un levier de développement pour les web agency & co : les besoins évoluent et un jour ou l’autre il y a besoin de solution plus adaptée.

    Après c’est une bonne chose que des sociétés puissent accéder au Web à moindre coût !

  • Mathieu Desvé
    26 mai 2008 (9:16)

    Arf! Je suis pas d’accord! Le développement web à encore de belle année devant lui! Mais il va prendre d’autres formes. Les sites en full-flash on encore quelques lacunes (référencement) mais c’est une techno qui avance à grand pas et dans le bon sens en plus. C’est techno est en voix de normalisation et on peut déjà programmer des applications bureau avec.

    Je pense peut d’entreprise vont créer leur site site sur Weebly c’est trop formaté! Les clients on toujours besoins de fonctionnalités qui ne sont pas présente dans ces solutions.

    Il n’y aurai peut-être plus de développement interne, plus de freelance (pris seul) mais les web agency vont continuer. Un client à besoin de conseil pour une stratégie web global, pour un design, un conseil en communication ou en ergonomie. Un site doit se démarquer. A la limite, il y aura encore plus de travail même comme n’importe pourra faire un site « haute gamme » donc pour le entreprise il va falloir innover!

  • David
    26 mai 2008 (9:54)

    On est d’accord sur le fait que ces sites gratuits offrent peu de personnalisation et peu de fonctionnalités pour les entreprises voulant mettre leur vitrine sur internet. Je vois plus cela comme une tendance qui va se populariser et d’ici quelques années se professionnaliser. Car aujourd’hui ce genre de service est plus dédié aux petits commerces et aux assos.

    Effectivement aussi il y aura toujours des web agency avec des solutions spécifiques à développer que ce genre de site ne pourra pas produire car les possibilités offertes sont génériques.

  • soky
    26 mai 2008 (10:38)

    À mon avis, il y a un facteur extrêmement important dont tu n’as pas parlé. Dans le gratuit, tu ne peux rien exiger mais subir. Tu ne peux pas te plaindre d’un ralentissement de trafic, prétendre à service d’aide plus performant, ne pas voir l’entreprise disparaître subitement, un backup est fait régulièrement donc en cas de prob techniques majeurs tu peux espérer retrouver un back-up, etc.

    Mais je ne partage pas entièrement ton opinion. Oui, le gratuit va servir beaucoup de gens mais ce sont surtout des particuliers ou des petites boîtes très peu exigeantes et qui n’ont pas besoin de service personnalisé. Un web-designer, developper… ce n’est pas qu’un simple exécutant. Il est aussi là pour conseiller, orienter, guider, rassurer, défendre des valeurs. Le contact à la clientèle, le rapport humain est quelque chose qu’aucune ne pourra remplacer.

  • eod
    26 mai 2008 (11:20)

    Je rejoins les avis précédents, et je ne trouve pas toutes ces solutions lambda user capables de combler une grande partie des besoins d’une petite PME ou toute autre …

    Déjà niveau référencement toutes ces petites solutions n’arriveront pas à satisfaire encore une fois un grand besoin.

    Si c’est avoir une page vitrine avec ses coordonnés et une photo sur le net d’accord, mais le site est un ghost, il ne sortira jamais dans une recherche, bref obsolète.

    Quand je commence un projet je parle de la protection de la marque sur internet et ses enjeux, site multilingue, donc avoir un ndd avec tld au pays cible et ses équivalents, hébergement en conséquence, etc.

    Un exemple qui plait beaucoup à mes clients: un formulaire PHP bien personnalisé n’est pas un grand un luxe, mais permet de savoir par quel moyen le visiteur à trouvé le site, quelle page l’amener à remplir le formulaire, etc., ceci permet une réponse ciblée au visiteur ;

    Un autre exemple c’est le besoin de fidéliser ses visiteurs, pour cela une mailing-list répond à ce besoin.

    Et je ne cite ici que des exemples basiques, mais tellement importants, donc je ne pense pas que ces solutions drag and drop pourront répondre qu’aux jeunes de 15ans désirant s’exprimer sur le net avec des goodies.

    S’il y a une solution qui sort du lot, c’est celle de google sites si couplé aux autres applications Google (gmail, agenda, etc.)

  • Jacques Pyrat
    26 mai 2008 (13:30)

    Est-ce que tu peux préciser en quoi l’hébergement mutualisé nuit au référencement. C’est la première fois que je lis ça !

    Tu l’aurais dis pour le nom de domaine de type http://votrelogin.solution.com, je comprendrais. Mais là, non…

    Autrement tout à fait d’accord sur la piètre qualité du travail de beaucoup de web agency (ne pas faire de site Full CSS un minimum accessible, ni mettre de flux RSS me semble une faute professionnelle aujourd’hui…).

  • eMeRiKa
    26 mai 2008 (13:33)

    Il faut surtout ne pas oublier qu’un site Internet n’est qu’un support technique et non un objectif en soit. Une web agency de qualité doit donc être avant tout une agence de communication.

    Réaliser un site Internet c’est dans un premier temps établir des besoins et des cibles. La technique ne passe qu’après ! Toutes ces solutions sont donc totalement inutiles aux entreprises sans connaissance en communication (plus les autres défauts cités dans les commentaires).

    Le développement web va évoluer et peut être se simplifier mais il ne disparaîtra pas !

  • eod
    26 mai 2008 (15:12)

    Explique moi Jacques quel contrôle tu a niveau référencement sur une plateforme de ce genre ? Montre moi un site googlepages ou boutique zlio sortir dans le serp du Google.

    Si c’est la première fois que tu lis ca, désoler pour toi.

  • Jacques Pyrat
    26 mai 2008 (15:25)

    pour eod

    Ma question porte sur le point de l’hébergement mutualisé. Pas sur le point du sous nom de domaine que je comprends très bien quant à lui.

  • eMeRiKa
    26 mai 2008 (15:33)

    Les boutiques Zlio sont plutôt bien référencées. Au contraire, elles profitent du référencement général de Zlio …

  • Thanh
    26 mai 2008 (16:25)

    Etrange billet que celui-ci, surtout la partie sur le coût entre une solution interne et une web agency. Enfin, il fait réagir!

    Bon à dans dix ans!

  • David
    26 mai 2008 (17:48)

    @Jacques : Un site mutualisé sera forcément moins bien référencé qu’un site hébergé sur un dédié. Le fait qu’un site possède une IP à lui seul est un facteur de meilleur référencement. Les sites mutualisés ont tous la même IP s’ils sont sur la même machine. C’est comme j’ai appris récemment que les noms de domaine expirant dans l’année ou les 6 mois était un facteur discriminant pour le positionnement chez Google.

    @Thanh : Moi aussi je l’ai trouvé assez étrange lors de l’écriture mais je parle plus de tendance que de réels bouleversements. Cela ne va pas changer en quelques mois. Sinon pour ce qui concerne la solution en interne, les coûts sont forcéments moindre puisque les personnes sont salariés ou embauchées en contrat. Il est clair que la web-agency est la solution la plus chère pour avoir du bon boulot, je ne parle pas des web agencies qui bradent les prix et bâclent le travail.

    @eMeRiKa, @soky et @eod : De toute façon, je suis d’accord sur le point de tout le monde à savoir qu’une bonne agence apportera toujours du conseil, des développements spécifiques (formulaire et autres fonctionnalités) et un suivi. Et lorsque les solutions gratuites seront rachetées ou bien en fin de course, personne ne pourra demander son contenu (pages, images…). Il ne restera juste les yeux pour pleurer et le cache de google (enfin si le site est référencé…)

  • Oncle Tom
    26 mai 2008 (21:04)

    Comme toute chose y’a un cycle : le développement Web va évoluer en fonction des outils. Il y a des langages qui vont mourir, d’autres évoluer, de nouvelles notions introduites, d’autres rendues désuettes.

    Si je crois au changement, je ne pense pas que le développeur Web va mourir. Le côté artisanal va probablement reculer face à l’industrialisation du métier mais là encore, tant qu’il y a de l’évolution les pionniers auront la part belle. Ça ne durera pas éternellement.

    Et puis demain il y aura peut-être autre qu’Internet. Là il n’y aura plus besoin de développeurs Web … mais d’autres développeurs.

  • David
    26 mai 2008 (21:21)

    Oui Tom, je ne m’en fais pas pour toi ;-), je pense qu’il y aura toujours du boulot et Internet nous enterra tous !

    Par le passé j’ai regretté le coté un peu bricoleur de certaines web agency qui prétendaient tout pouvoir faire. Il est vrai que les avancées du web (standards, CSS, navigateurs…) et de ses outils de développement (logiciels, frameworks, librairies…) ont donné une dimension beaucoup plus professionnelle. De plus les développeurs web bénéficient de formations de plus en plus adaptée.

    De toutes façons, si j’étais pleinement d’accord sur le fait que le développement web est mort, je serai en train de prendre un rendez-vous à l’ANPE. Tiens on sait jamais… j’ai rien prévu pour demain…

  • remouille
    29 mai 2008 (13:55)

    Je ne suis pas sur qu’on puisse résumer le travail des agences à de simples boites de production. Il y a tout une vrai plus value en conseil, en marketing, en accompagnement, etc.

    D’autre part, on ne peut pas mettre tous les sites dans le même panier. J’imagine mal Thales faire son site avec google website et encore moins des sites e-commerce, sans parler du luxe.
    Les possibilités des ces outils sont très limités, aussi bien d’un point de vu fonctionnel que graphique.

    Limiter le web à ces outils, c’est vraiment dévaloriser les possibilités qu’offrent ce média. C’est pas seulement la mort du développement, mais bien la mort du web, si on devait se cantonner à ces outils.

    Il serait intéressant de sortir des statistiques d’utilisation de ces outils et par quel type de société.