1/ Comment vous est venue l'envie d'entreprendre et quel est le concept de votre société ?
L'envie d'entreprendre est venue assez rapidement après deux années de travail en agence web. Je voyais beaucoup de jeunes créer leur société, mais j'ai dû attendre près de 9 ans d'expérience avant de me lancer. La motivation est due en grande partie à l'indépendance qu'elle permet, la liberté de mouvement et le fait de pouvoir travailler sur de gros projets en collaboration avec d'autres professionnels freelances ou salariés.
Mon activité se résume à la création de sites ou d'applications internet à forte valeur ajoutée. Je travaille également sur l'accessibilité et les nouvelles normes liées au développement. En amont du projet, je m'efforce de conseiller au mieux mes clients afin de leur donner les moyens d'une stratégie internet efficace.
2/ Pourquoi avoir choisi le statut de freelance ? Quels avantages et quels inconvénients en avez-vous perçus ?
Le statut de freelance donne la possibilité de travailler sur des projets innovants et d'être constamment confronté à de nouvelles problématiques à résoudre. On découvre toujours de nouveaux univers et c'est très motivant pour les personnes comme moi qui n'aiment pas tourner en rond.
Les inconvénients sont la gestion administrative (paiement des factures), la gestion du temps et une certaine pression. En effet, contrairement au salaire qui tombe à date fixe, la facturation sur des projets peut s'étendre sur plusieurs mois. Il faut bien savoir gérer son temps afin de ne pas se perdre, surtout quand on jongle avec plusieurs projets. Enfin, certains clients peuvent exercer une pression, car le statut de freelance leur donne parfois une impression de flexibilité maximale, ce qui nous amène à travailler souvent en soirée et le week-end.
3/ Après 6 mois d'activité, quel est votre premier bilan ?
Le bilan de ces 6 mois est plutôt positif. J'apprends tous les jours de nouvelles façons de mieux m'organiser afin d'être encore plus productif. Je reste très satisfait de la tournure des événements ; je crois que je n'ai jamais eu autant d'opportunités de travailler sur des projets qui me tiennent à cœur. Il est clair qu'il faut souvent choisir entre plusieurs projets, et je considère le fait de pouvoir travailler de façon indépendante comme une chance. Je m'efforce de terminer les projets assez rapidement, en revanche, j'ai l'impression que plus on réalise vite, plus on nous en demande.
4/ Quelles sont vos principales préoccupations et vos objectifs pour le développement de votre entreprise ?
Quand on travaille sur le web, on se rend compte que toutes les branches sont remplies de spécialistes. Je pense que l'orientation que je vais prendre pour l'année 2008 sera une spécialisation sur les applications web ; en d'autres termes, répondre à des problématiques spécifiques à l'aide d'outils internet (widgets, RIA, RDA...). Sinon, il me reste encore beaucoup de projets dans les placards, je vais essayer d'en mettre un ou deux sur pied cette année.
5/ Quelles sont les principales difficultés rencontrées lors du lancement et comment les avez-vous résolues ?
J'ai longuement réfléchi avant de me lancer, j'avais donc mis de l'argent de côté pour assurer les dépenses mensuelles. L'argent n'est pas un problème tant que les ressources sont suffisantes, mais cela peut rapidement le devenir sur de longs projets personnels.
Par ailleurs, j'avais commencé mon activité (en tant que salarié) bien avant de m'inscrire à l'URSSAF, ce qui donne un bon élan pour le départ et permet de ne pas avoir à chercher ses premiers clients lors des premiers mois de freelance.
6/ Quels conseils donneriez-vous à un créateur qui souhaite lancer son activité ?
Bien réfléchir avant de se lancer. On n'a pas idée de tout ce que cela implique. Il s'agit d'un changement de vie important. Il faut analyser tous les aspects pour mettre toutes les chances de son côté, mais surtout pour que vos futurs partenaires ne ressentent aucune hésitation de votre part. Il faut être confiant dans ses qualités et transparent avec soi-même et ses clients pour éviter les projets hasardeux.
Winston Churchill disait que la seule intelligence résidait dans le fait de savoir extirper la part de vérité dans l'information, qu'elle soit approximative ou conflictuelle. Depuis que je suis à mon compte, je vais toujours au bout des choses, ce qui est dû en partie à mon extrême curiosité.
Mon conseil final : une idée novatrice, des collaborateurs fiables et un bon comptable/gestionnaire sont les clés d'un bon départ. Après, ce n'est que du travail, mais quand on aime, on ne compte pas.